Comment s'en battre les couilles des gens

Ludovic François

Cover

Ludovic François présente

Comment être
heureux

Ou le guide ultime sur comment s'en battre les couilles des gens et de leur opinion

Ludovic François

Première édition — 2026

"Les sages parlent parce qu'ils ont quelque chose à dire, les fous parce qu'ils doivent dire quelque chose."

— Platon

Sommaire

  • 00Ta grand-mère la pute
  • 01J'ai tout cramé
  • 02Les tafs de con
  • 03Le coup de fil de ma mère
  • 04La prison dorée
  • 05La valise et le sac à dos
  • 06Le filtre
  • 07T'as pas acheté cet iPhone pour toi
  • 08Le cold call de ta vie
  • 09Le regard des fantômes
  • 10Ferme ce livre

À tous ceux qui ont déjà eu
envie de dire ce qu'ils pensent
mais qui ont fermé leur gueule.

C'est fini.

Introduction

Ta grand-mère
la pute

ou comment briser la glace en un mot

Introduction — Ta grand-mère la pute

Ta grand-mère la pute. Voilà. C'est fait. On a brisé la glace.

Si t'as ouvert ce livre c'est que le titre t'a fait réagir. Soit t'as ri. Soit t'as été choqué. Soit les deux. Dans tous les cas t'es là.

Et c'est exactement le problème qu'on va régler ensemble.

Parce que toi, ce titre, t'aurais jamais osé l'écrire. T'aurais jamais osé le dire à voix haute dans un open space. T'aurais jamais osé le poster sur LinkedIn.

Pourquoi ?

Parce que "qu'est-ce qu'ils vont penser".

"Ils."

C'est toujours "ils". C'est jamais toi.

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Introduction — Ta grand-mère la pute

T'oses pas appeler un prospect parce que "il va penser que je le dérange". T'oses pas demander une augmentation parce que "ils vont penser que j'abuse". T'oses pas quitter ton taf parce que "ils vont penser que je suis instable". T'oses pas poster ce que tu penses vraiment parce que "ils vont penser que je suis un fou".

Et tu sais le pire ?

"Ils" pensent à toi 0 secondes par jour. Pendant que toi tu penses à eux H24.

• • •

Ce livre c'est pas un livre de développement personnel de con. C'est pas un livre de coaching. Y'a pas de méditation à la fin des chapitres. Y'a pas de "visualise ton moi supérieur". Y'a pas de gratitude journal.

Ce livre c'est un miroir. Avec un mec de l'autre côté qui te dit ce que personne ose te dire.

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Introduction — Ta grand-mère la pute

Que t'es en train de vivre la vie de quelqu'un d'autre.

Et que c'est le moment d'arrêter.

• • •

Je m'appelle Ludovic. J'ai 25 ans. Et je m'en bats les couilles des gens.

C'est pas parce que je suis un connard. C'est parce que je m'en bats les couilles.

Et ce livre va t'apprendre à faire pareil.

Le "bat les couilles" du jour

T'as ouvert un livre qui s'appelle "Comment s'en battre les couilles des gens". Laisse-le traîner sur ton bureau demain. Quand quelqu'un te demandera c'est quoi, regarde sa réaction. C'est exactement ça, le filtre dont on va parler.

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Chapitre 01

J'ai tout cramé

18 ans roi du monde, 20 ans roi de rien

Chapitre 01 — J'ai tout cramé

J'avais 18 ans et j'avais plus d'argent que tous mes potes réunis.

Comédien. Films. Pubs. Le genre de trucs que tu racontes en soirée et les gens te regardent différemment. "Ah ouais t'as fait des films ? Waaah."

Et moi j'adorais ce regard. Le moment où le mec en face passe de "c'est qui lui" à « Ça va mon reuf ? ».

Donc quand l'argent est tombé, qu'est-ce que j'ai fait ?

J'ai acheté le regard des gens.
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Chapitre 01 — J'ai tout cramé

Voiture, vêtements de luxe, voyage, boîte de nuit, nuits d'hôtels. La vie d'artiste.

18 ans, roi du monde.

20 ans, roi de rien.

• • •

En deux ans j'avais tout cramé. Pas "presque tout". Tout. Zéro. Et en dessous de zéro même, parce que la voiture elle continuait de coûter. L'assurance elle continuait de tomber. Les amendes elles s'empilaient.

Et quand tu peux pas payer une amende de 90€ elle devient 180. Puis 375. Puis un jour t'ouvres ta boîte aux lettres et tu te dis "je vais arrêter d'ouvrir ma boîte aux lettres".

Ah la boîte aux lettres... mon pire ennemi à l'époque.

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Chapitre 01 — J'ai tout cramé

Le truc c'est que j'aurais pu éviter tout ça. Si j'avais mis cet argent de côté. Si j'avais investi. Si j'avais été "raisonnable".

Mais j'avais 18 ans et j'avais besoin que les gens sachent que j'avais réussi. C'était pas l'argent qui comptait. C'était le regard.

La caisse c'était pas pour moi. C'était pour le feu rouge.

Les soirées c'étaient pas pour moi. C'était pour les « c'est pour moi » et le regard des gens autour de la table.

Les fringues c'étaient pas pour moi. C'était pour le reflet dans les yeux des autres.

Et quand l'argent a disparu, le regard a disparu avec. Les mêmes mecs qui me regardaient comme un roi me regardaient plus du tout.

Normal. J'avais plus rien à montrer.

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Chapitre 01 — J'ai tout cramé

Et c'est là que j'ai compris un truc. Pas sur le moment hein. Sur le moment j'étais juste dans la merde. J'ai compris bien plus tard.

L'argent que tu gagnes pour les autres disparaît toujours.

Parce que c'est un puits sans fond. T'achètes la caisse, il te faut la montre. T'achètes la montre, il te faut l'appart. T'achètes l'appart, il te faut la baraque. T'achètes la baraque, il te faut une maîtresse. Oh la ouais bon bref.

C'est jamais assez. Parce que c'est jamais pour toi.

Le mec qui s'achète une vieille bagnole parce qu'elle lui plaît et qui s'en bat les couilles de ce que le voisin pense — ce mec-là il sera toujours plus riche que moi à 18 ans.

Pas en argent. En paix.

Et la paix ça se crame pas en deux ans.

Le "bat les couilles" du jour

La prochaine fois que tu sors ta carte pour acheter un truc, demande-toi : tu l'achètes pour toi ou pour le regard du mec à côté ? Si c'est pour le mec à côté, range ta carte. Il s'en bat les couilles de toute façon.

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Chapitre 02

Les tafs de con

Lidl, intérim, et la boîte qui arnaquait les vieux

Chapitre 02 — Les tafs de con

Après avoir tout cramé, faut bien manger.

Et quand t'as pas de diplôme, pas d'expérience, pas de réseau, et un ego en miettes, tu manges ce qu'on te donne.

Lidl.

Je me souviens du premier jour. Le gilet. Le bip du scanner. Les gens qui te regardent avec mépris. T'es personne. T'es le mec du rayon. T'es même pas le mec du rayon, t'es l'intérimaire du mec du rayon.

Après y'a eu les missions. Livreur. Manutentionnaire. Des trucs sans nom où tu te bosses à des heures de tarés la nuit, le matin, on te dit quoi faire, tu le fais, tu rentres, t'es éteint, t'as gagné 50 balles, et tu recommences.

Et tu sais ce qui faisait le plus mal ?

C'est pas le taf. C'est pas le salaire.

C'est le regard.

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Chapitre 02 — Les tafs de con

Le même regard que je cherchais à 18 ans avec mes sapes. Sauf que maintenant c'était l'inverse. Les gens te regardent en mode "ah c'est toi le livreur". Pas méchamment hein. Pire. Avec indifférence. T'existes pas.

• • •

Et puis y'a eu la boîte de télémarketing. Celle-là je l'oublierai jamais ptdr.

Le concept : t'appelles des vieux. Des retraités. Tu leur fais croire qu'ils ont besoin de changer leurs fenêtres ou d'installer un poêle à bois. Tu leur fais peur avec des trucs genre "votre isolation est pas aux normes". Et eux ils flippent et ils signent.

Le troisième jour j'ai eu une mamie au téléphone qui me demandait si elle pouvait payer en trois fois parce que sa retraite était petite.

Et là je vendais le truc quand même. Bat les reins à cette époque il fallait manger.

"J'ai pas le choix." Le plus gros mensonge que tu peux te raconter.
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Chapitre 02 — Les tafs de con

T'as toujours le choix. Mais des fois le choix c'est entre un truc dur et un truc facile. Et le truc facile c'est de rester où t'es.

J'aurais pu partir de cette boîte le premier jour. J'aurais pu continuer à chercher autre chose. J'aurais pu accepter d'avoir faim une semaine de plus pour pas scam des retraités.

Mais j'avais la flemme. Et la flemme c'est le meilleur ami du "j'ai pas le choix".

Quand tu dis "j'ai pas le choix" traduis par "j'ai la flemme de chercher une meilleure option". C'est plus honnête.

• • •

Les tafs de con c'est pas une honte. Tout le monde en fait. Le problème c'est pas d'y passer. Le problème c'est d'y rester.

Et t'y restes pas parce que t'es con. T'y restes parce que chercher mieux c'est risquer un non. Et le non te fait peur.

Donc tu restes à Lidl. Au moins à Lidl personne te dit non. On te dit rien du tout en fait. Et c'est presque pire.

Le "bat les couilles" du jour

Aujourd'hui, postule à un truc pour lequel tu te sens "pas assez qualifié". Le pire qui puisse arriver c'est un non. Et un non ça a jamais tué personne.

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Chapitre 03

Le coup de fil
de ma mère

Pôle Emploi, Rocket School, et Pauline

Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère

Le tournant de ma vie c'est un coup de fil de ma mère un mardi après-midi.

Pas un déclic spirituel. Pas une révélation sous la douche. Un appel de ma daronne qui me dit "eh y'a la copine de Machin qui dit que sur Pôle Emploi tu peux faire des formations payées".

Ma première réaction : "Ouais c'est sûrement des formations de con."

Ma deuxième réaction : "J'irai voir."

Ma troisième réaction, trois jours plus tard : "J'ai la flemme d'aller voir."

Tu vois le schéma ? C'est toujours le même. Une opportunité se pointe. Ton cerveau dit non par défaut. Et la flemme confirme.

Mais cette fois j'y suis allé. Je sais même pas pourquoi. Peut-être parce que j'en pouvais plus de Lidl. Peut-être parce que ma mère m'aurait harcelé sinon. Peut-être les deux.

Je vais sur le site de Pôle Emploi et je vois : Rocket School. Business Developer. Commercial 2.0. Bootcamp 3 mois. Alternance 1 an. Formation payée par Pôle Emploi.

Et là je vois les salaires à la sortie. 40k. 50k. 60k.

J'y croyais à moitié. Mais 40k par an quand tu gagnes 60 balles par jour en intérim, ça te fait cliquer sur "postuler".

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Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère

• • •

Et le truc c'est que ça se passait à Paris.

Faut comprendre. Moi j'ai grandi à Corbeil-Essonnes. Le 91. La banlieue. Paris c'est à 30 bornes mais c'est un autre monde. Dans ma tête à l'époque, faire ses études à Paris c'était un truc de gens bien. De gens qui ont un plan. De gens qui sont en place.

Quand j'ai été pris j'étais hyper. "Je vais être Head of Sales. Je vais être plâtré." Dans ma tête j'étais déjà en costard dans un bureau vitré. Avec la musique d'intro de la série POWER.

La réalité c'est que j'allais passer 3 mois à apprendre à cold caller dans une salle avec 30 autres mecs qui croyaient au même rêve.

Mais avant ça fallait trouver une alternance. Et c'est là que tout a basculé.

• • •

Ils organisaient des job datings en visio. Des entreprises partenaires qui recrutaient des alternants.

Première visio : un vieux recruteur médaillé de guerre tout mou . La boîte me plaisait pas. Lui me plaisait pas. Mais je faisais genre.

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Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère

"Oui je suis très motivé."

"Oui votre entreprise m'intéresse beaucoup."

"Oui j'ai toujours rêvé de travailler dans le consulting en optimisation des processus B2B."

Tu vois le délire ? Je faisais exactement ce que ce livre te dit de pas faire. Je portais un masque. Je disais ce que le mec voulait entendre. J'étais pas moi. J'étais la version de moi que je pensais qu'il voulait voir.

Et en sortant de la visio je me suis dit : "Si ce mec me prend, j'ai grave le seum."

• • •

Deuxième visio. Pauline. Boucan Factory.

La caméra s'allume et là c'est un autre monde.

Cette meuf va droit au but. Elle me challenge. Elle me juge ouvertement. Elle dit ce qu'elle pense. Elle choisit pas ses mots. Enfin si, elle les choisit, mais elle a pas peur d'eux. Elle parle comme une vraie personne.

En 20 minutes d'entretien j'ai eu l'impression de parler à quelqu'un pour la première fois.

Pas à un rôle. Pas à une fonction. Pas à un "Responsable du recrutement des profils commerciaux juniors". À un être humain.

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Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère

4 minutes après la fin de la visio, mon téléphone sonne. C'est elle.

"T'es dispo demain soir pour boire un verre sur Paris ?"

Pas un deuxième entretien en visio. Pas un test technique. Un verre. Parce qu'elle voulait rencontrer un humain, pas un CV.

Et c'est là que j'ai compris un truc fondamental.

Les gens sans filtre attirent les gens sans filtre.

Pendant le premier entretien, j'avais un masque. Et j'ai attiré un mec mort.

Pendant le deuxième, j'étais moi. Et j'ai attiré quelqu'un de vrai.

C'est pareil partout. En entretien. En vente. En amour. En amitié.

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Chapitre 03 — Le coup de fil de ma mère

Le filtre que tu mets pour plaire aux gens, c'est le même filtre qui repousse les bonnes personnes.

Pauline m'aurait jamais rappelé si j'avais sorti le même cinéma qu'avec le premier recruteur. Elle m'a rappelé parce que j'étais vrai. Pas parce que j'étais parfait. Parce que j'étais vrai.

Et ça c'est une leçon qui vaut plus que tous les scripts de vente du monde.

Ton prospect, ton recruteur, ton client — ils sentent le filtre. Toujours. Peut-être pas consciemment. Mais ils le sentent. Et quand ils le sentent, ils se ferment.

Le jour où tu enlèves le filtre, deux choses se passent. Tu perds des gens. Et tu trouves les bons.

C'est un échange que tu fais toujours gagnant.

Le "bat les couilles" du jour

Le prochain entretien, le prochain call, la prochaine conversation importante — enlève une couche de filtre. Dis un truc que t'aurais normalement gardé pour toi. Un seul. Et regarde ce qui se passe.

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Chapitre 04

La prison dorée

Freelance, libre sur le papier, enfermé dans la tête

Chapitre 04 — La prison dorée

L'alternance avec Pauline c'était le feu. J'apprenais. Je grandissais. Je callais du matin au soir. J'étais bon. Et surtout j'étais bien.

Pendant un temps.

Parce qu'au bout de quelques mois, le truc que j'avais fui toute ma vie m'a rattrapé. Le cadre. Les règles. Le système. Être quelque part à telle heure. Faire les choses de telle manière. Rentrer dans la case.

Et moi les cases ça me rend dingue.

C'est pas que l'alternance était nulle. C'est que j'avais un truc en moi qui poussait. Un truc qui disait "t'es pas fait pour suivre le chemin de quelqu'un d'autre". Un truc que j'arrivais pas à éteindre.

J'avais envie de plus. Plus d'argent. Plus de liberté. Plus d'émancipation. Je voyais des mecs sur les réseaux qui gagnaient leur vie autrement. Des freelances. Des entrepreneurs. Des mecs qui répondaient à personne.

Et moi j'étais là, en alternance, à attendre la fin du mois pour toucher un salaire que j'avais pas choisi.

Donc j'ai fait ce que tout le monde me déconseillait de faire.

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Chapitre 04 — La prison dorée

J'ai pas fini mon alternance.

Quand tu dis ça aux gens tu vois leur visage changer. "T'as pas fini ? Mais pourquoi ? C'était une bonne opportunité." Ouais. C'était une bonne opportunité. Pour quelqu'un d'autre.

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Chapitre 04 — La prison dorée

• • •

Je me suis lancé en freelance. Et mon premier client c'était Pauline.

Ouais. La même Pauline. Parce que j'avais quitté en bons termes. Parce qu'elle savait que j'étais bon. Et parce qu'elle comprenait que j'avais besoin de voler de mes propres ailes même si mes ailes étaient encore en carton.

Je callais pour elle. Je trouvais 2-3 autres clients à côté. Je faisais du cold call en free. Et j'arrivais à dégager assez d'oseille pour vivre.

Sur le papier c'était le rêve. Freelance. Pas de patron. Pas d'horaires. Pas de case.

En vrai c'était une autre prison.

Parce que je me levais le matin sans envie. Je callais parce qu'il fallait caller. Je gagnais de l'argent parce qu'il fallait gagner de l'argent. Mais y'avait pas de but. Pas de vision. Pas de "je fais ça pour aller là".

J'étais dans une prison dorée.

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Chapitre 04 — La prison dorée

Tu connais la prison dorée ? C'est quand ta situation est assez confortable pour que tu restes mais pas assez excitante pour que tu vives. T'es pas malheureux. T'es pas heureux. T'es... là.

La prison dorée c'est le "ça va" que tu réponds quand on te demande comment tu vas. C'est ni bien ni mal. C'est rien.

Et "rien" c'est pire que "mal". Parce que quand c'est mal, tu bouges. Quand c'est rien, tu restes.

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Chapitre 04 — La prison dorée

J'avais quitté le salariat pour être libre et j'avais recréé exactement la même cage. Juste avec un autre nom sur la porte. Au lieu de "alternant" c'était écrit "freelance". Mais dedans c'était le même mec fatigué qui comptait les jours.

• • •

Le piège du freelance — et de la vie en général — c'est de confondre le statut et l'état.

T'es freelance mais t'es épuisé → t'es pas libre.

T'es en couple mais t'es seul → t'es pas en couple.

T'as de l'argent mais t'as pas la paix → t'es pas riche.

La liberté c'est pas un statut sur ta fiche LinkedIn. C'est un état.

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Chapitre 04 — La prison dorée

Et cet état il dépend pas de si t'as un patron ou pas. Il dépend de si tu fais ce que tu veux faire ou ce que tu crois devoir faire.

Moi je croyais devoir être freelance parce que c'était "mieux" que salarié. Parce que les mecs sur Instagram disaient que c'était ça la liberté. Parce que dans ma tête, freelance = réussite.

Mais j'avais juste changé de cage en gardant le même oiseau dedans.

Et l'oiseau il en avait marre.

Le "bat les couilles" du jour

Pose-toi une question ce soir : est-ce que tu fais ce que tu fais parce que tu le veux ou parce que ça a l'air bien vu de l'extérieur ? Si c'est la deuxième option, t'es dans une prison dorée. Et la première étape pour en sortir c'est de l'admettre.

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Chapitre 05

La valise et
le sac à dos

Corbeil → Lisbonne, un aller simple

Chapitre 05 — La valise et le sac à dos

Depuis longtemps j'avais cette image dans la tête. Un mec qui se casse. Qui prend ses affaires et qui part. Dans un autre pays. Une autre vie. Un autre lui.

Je voyais des gens faire ça sur les réseaux. Des témoignages. Des mecs qui disaient "j'ai tout quitté et je suis parti". Et à chaque fois je me disais "un jour ce sera moi".

Sauf que "un jour" c'est la plus grande arnaque du monde. "Un jour" ça veut dire jamais. C'est ce que tu te dis pour te rassurer sans rien changer.

Et puis un jour — un vrai jour cette fois — l'opportunité est tombée. Le Portugal. Lisbonne. Un pote qui pouvait me loger. Pas de plan. Pas de business plan. Pas de stratégie de relocalisation à 5 ans. Juste une occasion et une décision à prendre.

• • •

Sauf que ma vie c'était pas juste moi.

J'étais en couple. On se voyait H24. On habitait quasiment ensemble. J'étais en coloc avec mon cousin. Mon meilleur ami d'enfance était là. Mon frère. Ma famille. Tout le monde était à portée de main.

Et moi je voulais me barrer à 2000 bornes.

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Chapitre 05 — La valise et le sac à dos

Quand t'annonces un truc comme ça autour de toi, tu reçois deux types de réactions.

Y'a ceux qui disent "fonce". En général c'est ceux qui ont jamais foncé eux-mêmes. Facile de dire "fonce" quand c'est pas toi qui risques de te planter.

Et y'a ceux qui disent "t'es sûr ?". En général c'est ceux qui t'aiment le plus. Parce que "t'es sûr" c'est pas du doute. C'est de la peur. Leur peur. Pas la tienne. Ils ont peur de te perdre. Peur que tu te plantes. Peur que tu changes.

Et le problème c'est que leur peur elle devient ta peur. Parce que t'as pas envie de les décevoir. T'as pas envie de les quitter. T'as pas envie d'être le mec qui se barre.

Les gens autour de toi vont toujours te donner 100 raisons de rester. Pas par méchanceté. Par peur. Leur peur, pas la tienne.

Le jour où tu fais la différence entre tes peurs et celles des autres, tu pars.

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Chapitre 05 — La valise et le sac à dos

• • •

Je suis parti avec une valise et un sac à dos.

Pas de meubles. Pas de plan B. Pas de filet.

J'ai écouté personne. Ma famille était derrière moi. C'est ce qui comptait. Le reste c'était du bruit.

Les premières semaines à Lisbonne c'était bizarre. T'es dans une ville que tu connais pas. Tu parles pas la langue. T'as pas de repères. T'as pas tes potes à qui envoyer un message pour boire un verre. T'es seul. Vraiment seul.

Et c'est dans ce silence que tu t'entends enfin.

Parce que quand t'as plus personne autour pour te dire qui t'es censé être, tu découvres qui t'es vraiment. Et c'est flippant. Parce que des fois t'aimes pas ce que tu trouves. Des fois tu te rends compte que la moitié de ta personnalité c'était juste un reflet de ton entourage.

Mais c'est aussi libérateur. Parce que tu peux reconstruire. À partir de toi. Pas à partir de ce que les gens attendent.

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Chapitre 05 — La valise et le sac à dos

• • •

J'ai bossé en service client pour PlayStation pour payer les premiers mois. Un taf de con de plus. Sauf que cette fois c'était différent. C'était un taf de con choisi. Dans une ville choisie. Dans une vie choisie.

Et j'ai repris le cold call en freelance. Depuis Lisbonne. Avec un décalage horaire d'une heure et une connexion WiFi. C'est tout ce qu'il me fallait.

De base je devais rester un mois. Ça fait bientôt 2 ans.

Le truc que personne te dit sur les grandes décisions c'est que la décision elle-même c'est la partie facile. C'est un moment. Une seconde. Un "oui je pars". Le dur c'est tout ce qui vient après. Les doutes. La solitude. Les moments où tu te demandes si t'as pas fait la plus grosse connerie de ta vie.

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Chapitre 05 — La valise et le sac à dos

Mais tu sais ce qui est pire que de partir et de galérer ?

Rester et se demander toute sa vie "et si j'étais parti ?".

Le "bat les couilles" du jour

Le truc que tu repousses depuis des mois — le déménagement, la démission, la conversation, le message — écris-le sur un papier. Pas pour le faire maintenant. Juste pour le regarder en face. C'est déjà plus que ce que tu faisais hier.

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Chapitre 06

Le filtre

Le masque que tu portes sans le savoir

Chapitre 06 — Le filtre

Y'a un truc qui me rend dingue. Un truc que je vois partout. Chez les autres. Et chez moi aussi d'ailleurs.

Le filtre.

Pas le filtre Instagram hein. Le vrai filtre. Celui que tu mets entre ce que tu penses et ce que tu dis. Entre ce que tu ressens et ce que tu montres. Entre qui t'es et qui tu fais semblant d'être.

On en a tous un. Tout le temps. Avec tout le monde.

Et je dis bien tout le monde.

Ta meuf. Ton mari. Ton meilleur pote. Ton frère. Ta mère. Y'a toujours une couche. Même infime. Même minuscule. Y'a toujours un truc que tu gardes pour toi. Un truc que tu penses mais que tu dis pas. Un truc que tu ressens mais que tu montres pas.

On est jamais vrai à 100% avec personne. Jamais.

Et c'est ça le problème.

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Chapitre 06 — Le filtre

• • •

Moi je suis quelqu'un qui apporte beaucoup d'importance au regard des gens. Je le sais. J'ai pas honte de le dire.

Je veux savoir ce que les gens pensent de moi. Vraiment. Sans filtre. Comme moi je leur répondrais s'ils me le demandaient et qu'ils seraient capables d'encaisser.

Sauf que personne est capable d'encaisser.

Donc personne dit la vérité.

Ton pote te dit "non t'es bien" alors qu'il pense "t'as pris 10 kilos frère". Ton collègue te dit "c'est intéressant" alors qu'il pense "c'est de la merde". Ta copine te dit "fais comme tu veux" alors qu'elle pense "si tu fais ça je te quitte".

Tout le monde ment. Tout le temps. Par politesse. Par peur. Par habitude.

Et le pire c'est qu'on se ment à nous-mêmes aussi.

• • •

On se fait croire qu'on est heureux alors qu'on est juste confortable. On se fait croire qu'on aime notre taf alors qu'on aime juste notre salaire. On se fait croire qu'on a des vrais amis alors qu'on a juste des gens avec qui on sort le samedi.

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Chapitre 06 — Le filtre

Le filtre c'est une armure. Et comme toutes les armures, elle te protège et elle t'emprisonne en même temps.

Elle te protège du jugement. Du rejet. De la vérité qui fait mal.

Mais elle t'emprisonne dans un personnage. Un rôle. Une version de toi qui existe que pour les autres.

Et à force de jouer un rôle, tu finis par oublier qui t'es en dessous.

• • •

Moi j'ai toujours été le mec qui s'adapte. Le mec drôle. Le mec qui met l'ambiance. Le mec qui est à l'aise partout avec tout le monde. Et c'est vrai. C'est une partie de moi.

Mais c'est aussi un filtre.

Parce que le mec drôle il a pas le droit d'être triste. Le mec à l'aise il a pas le droit d'être perdu. Le mec qui met l'ambiance il a pas le droit de dire "en fait ça va pas du tout".

"Bah qu'est-ce qui t'arrive ?" Il m'arrive que je suis humain frère. Ça arrive.

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Chapitre 06 — Le filtre

Tu deviens prisonnier de l'image que t'as créée. Les gens s'attendent à ce que tu sois celui que tu leur as montré. Et le jour où t'es pas ça, ils comprennent pas.

Le travail que je fais en ce moment — sur moi, pas sur mes clients — c'est d'enlever les couches. Une par une. De dire ce que je pense. De montrer ce que je ressens. De me foutre du résultat.

C'est un travail de tous les jours. Et c'est loin d'être fini.

Mais chaque couche que tu enlèves, tu respires un peu mieux.

Le "bat les couilles" du jour

La prochaine fois que quelqu'un te demande "ça va ?", réponds vraiment. Pas "ouais tranquille". La vérité. Si ça va, dis pourquoi. Si ça va pas, dis pourquoi. Tu vas voir : les gens sont pas prêts. Mais toi tu seras plus léger.

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Chapitre 07

T'as pas acheté
cet iPhone pour toi

La boucle infinie de l'achat pour les autres

Chapitre 07 — T'as pas acheté cet iPhone pour toi

Dis-moi un truc.

Ton iPhone. Celui que t'as dans la main là. T'as pris lequel ? Le Pro Max ? Le dernier modèle ?

Pourquoi ?

"Parce que la caméra est meilleure." Tu prends des photos de quoi ? De ton plat au resto que tu postes en story.

"Parce qu'il est plus rapide." Pour faire quoi ? Scroller LinkedIn plus vite ?

"Parce que le mien commençait à ramer." Il avait 2 ans. Il ramait pas. T'avais juste honte de le sortir en public.

T'as pas acheté cet iPhone pour toi. Tu l'as acheté pour les gens qui le voient quand tu le poses sur la table du café.

• • •

Et l'iPhone c'est juste l'exemple le plus con. Le plus visible. Mais ça s'applique à tout.

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Chapitre 07 — T'as pas acheté cet iPhone pour toi

La baraque. T'étais bien dans ton appart. Y'avait rien qui te forçait à acheter une maison. Mais tout le monde autour de toi achetait. "C'est le moment." "Les taux sont bas." "Faut investir dans la pierre." "C'est pour ta descendance."

Ta descendance. T'as 28 ans et t'as pas de gosse mais tu t'endettes sur 25 ans pour ta descendance.

En vrai t'achètes pas pour ta descendance. T'achètes pour pouvoir dire "je suis propriétaire" au repas de famille.

Pour que ton oncle arrête de te regarder de travers. Pour que tes potes se disent "ah ouais il a réussi lui".

Et le jour où t'as les clés, tu te sens comment ?

Bien. Pendant une semaine. Peut-être deux.

Et après ?

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Chapitre 07 — T'as pas acheté cet iPhone pour toi

Après tu veux refaire la cuisine. Parce que les collègues de ta femme ont une cuisine ouverte. Après tu veux changer la voiture. Parce que ta bagnole dans l'allée de ta maison neuve ça fait tache. Après tu veux la piscine. Parce que le voisin a une piscine.

C'est une boucle. T'achètes. T'impressionnes. C'est pas assez. T'achètes plus. C'est jamais assez. C'est jamais assez parce que c'est jamais pour toi.
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Chapitre 07 — T'as pas acheté cet iPhone pour toi

Et tu te demandes pourquoi t'es jamais satisfait. Pourquoi t'en veux toujours plus. Pourquoi t'es jamais heureux.

Je vais te dire pourquoi.

Parce que tout ce que t'as, tu l'as pas acheté pour toi. Tu l'as acheté pour les autres.

Tes fringues c'est pour les autres. T'achètes les marques qu'il faut porter. Les couleurs qu'il faut porter. Les trucs qu'il faut avoir cette saison. Pas ce que toi t'aimes. Ce que les gens autour de toi valident.

Ta voiture c'est pour les autres. Si tu t'en battais les couilles tu roulerais en ce qui t'emmène du point A au point B. Mais non. Faut que ça brille. Faut que ça fasse du bruit. Faut que le mec au feu rouge tourne la tête.

Ton appart c'est pour les autres. Le quartier. La vue. Le nombre de mètres carrés. Tout ça pour quoi ? Pour le dire.

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Chapitre 07 — T'as pas acheté cet iPhone pour toi

• • •

Le bonheur il est pas dans l'accumulation. Il est dans l'alignement.

L'alignement c'est quand ce que tu fais, ce que tu achètes, et ce que tu montres, c'est la même chose que ce que tu veux vraiment.

Le mec qui roule en vieille bagnole parce qu'il aime sa vieille bagnole et qui s'en bat les couilles du regard au feu rouge — ce mec-là il est aligné.

Le mec qui vit dans un studio parce qu'il a besoin de rien de plus et qu'il met son argent dans ce qui le rend vraiment heureux — ce mec-là il est aligné.

Le mec qui porte un t-shirt à 10€ parce qu'il est confortable et qui s'en bat les couilles que ce soit pas la bonne marque — ce mec-là il est aligné.

Et l'alignement c'est la seule chose qui te sort de la boucle.

Tu seras heureux quand tu feras les choses pour toi. Pas pour les autres. Peu importe la chose. Tu connaîtras la sensation du bonheur et d'être aligné avec toi-même le jour où tu t'en battras les couilles du regard des gens.

Pas avant.

Le "bat les couilles" du jour

Regarde ton dernier achat de plus de 100€. Demande-toi honnêtement : je l'ai acheté pour moi ou pour qu'on me voit avec ? Si c'est la deuxième option, c'est pas grave. Mais maintenant tu sais. Et savoir c'est le premier pas pour arrêter.

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Chapitre 08

Le cold call
de ta vie

7 secondes pour convaincre, une vie pour oser

Chapitre 08 — Le cold call de ta vie

Je gagne ma vie en appelant des gens qui veulent pas me parler.

Tous les jours. Du lundi au vendredi. Je décroche un téléphone. Je compose un numéro. Et j'appelle quelqu'un qui m'a rien demandé, à une heure où il a autre chose à foutre, pour lui parler d'un truc dont il a jamais entendu parler.

Et tu sais quoi ? Des fois il me dit merci à la fin.

Le cold call c'est le truc le plus détesté du monde du business. Personne veut le faire. Tout le monde dit que c'est mort. Que c'est has-been. Que c'est du harcèlement.

Et pourtant c'est le truc qui m'a tout appris sur la vie.

• • •

Parce que le cold call c'est pas de la vente. C'est de la psychologie à l'état pur.

En 7 secondes tu dois convaincre un inconnu que t'es pas comme les 15 autres mecs qui l'ont appelé aujourd'hui.

En 7 secondes tu dois passer de "c'est qui ce con" à "ah attends c'est intéressant".

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Chapitre 08 — Le cold call de ta vie

Et tu peux pas tricher. Tu peux pas te cacher derrière un beau site web. Tu peux pas te cacher derrière un post bien écrit. Tu peux pas te cacher derrière un email bien formulé. C'est toi. Ta voix. Ton énergie. Tes mots. Rien d'autre.

Et quand ça marche pas — et ça marche pas souvent — t'as un retour immédiat. Pas un email de refus trois semaines plus tard. Un "non" dans l'oreille. Brutal. Direct. Parfois un "va te faire foutre" si la journée est mauvaise.

Et tu raccroches. Et tu recommences.

• • •

Mais tu vois, ce que j'ai compris après des milliers d'appels, c'est que la vie entière est un cold call.

Chaque grande décision que j'ai prise c'était un cold call.

Quitter l'alternance — cold call. J'ai appelé l'inconnu. L'inconnu c'était mon avenir. Et j'avais aucune idée de s'il allait décrocher ou me raccrocher au nez.

Se lancer en freelance — cold call. J'ai dit au monde "je suis là, j'existe, j'ai un truc à offrir". Et le monde m'a dit "on s'en fout" pendant les 6 premiers mois.

Partir au Portugal — le plus gros cold call de ma vie. Une valise. Un sac à dos. Et un numéro à composer sans savoir si quelqu'un allait répondre de l'autre côté.

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Chapitre 08 — Le cold call de ta vie

Poster "ta grand-mère la pute" sur LinkedIn — cold call. J'ai appelé 50 000 inconnus en une phrase.

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Chapitre 08 — Le cold call de ta vie

• • •

Le problème c'est pas le cold call. Le problème c'est que les gens veulent des garanties avant de composer le numéro.

"Et si ça marche pas ?"

"Et si on me dit non ?"

"Et si je me plante ?"

Et bah si ça marche pas tu raccroches et tu rappelles. Si on te dit non tu passes au suivant. Si tu te plantes tu te relèves.

C'est tout.

Y'a pas de mystère. Y'a pas de secret. Y'a pas de hack. Y'a juste le fait de décrocher le téléphone et d'appeler.

La vie récompense pas les gens intelligents. Elle récompense pas les gens talentueux. Elle récompense pas les gens préparés.

La vie récompense les gens qui décrochent le téléphone.

Le reste c'est des détails.

Vivre en s'en battant les couilles c'est pas être un connard. C'est composer le numéro sans connaître la réponse. C'est parler sans script. C'est avancer sans permission.

C'est cold caller la vie.

Le "bat les couilles" du jour

Y'a un truc que t'oses pas faire depuis des semaines. Un message à envoyer. Un appel à passer. Une conversation à avoir. Considère que c'est un cold call. T'as 7 secondes. Le pire qui puisse arriver c'est un non. Compose le numéro.

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Chapitre 09

Le regard
des fantômes

Les gens qui te jugent n'existent pas

Chapitre 09 — Le regard des fantômes

Tu sais c'est qui les gens dont tu as peur du jugement ?

Des fantômes.

C'est pas des vraies personnes. C'est des personnages que t'as inventés dans ta tête. Des versions imaginaires de gens qui pensent à toi beaucoup moins que tu crois.

Quand tu te dis "qu'est-ce qu'ils vont penser", c'est qui "ils" ?

Ton ancien pote du lycée que t'as pas vu depuis 6 ans ? Il pense pas à toi. Il pense à ses propres problèmes.

Ton collègue qui te regarde bizarre en open space ? Il pense pas à toi. Il pense à ce qu'il va bouffer ce midi.

Ton ex qui va voir tes stories ? Elle pense pas à toi. Enfin si. 3 secondes. Le temps de scroller.

Ton voisin qui voit ta voiture ? Il pense pas à toi. Il pense à sa propre voiture.

Tout le monde est trop occupé à flipper de son propre jugement pour juger le tien.

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Chapitre 09 — Le regard des fantômes

• • •

Et pourtant on vit pour ces fantômes.

On poste pas parce que les fantômes vont juger. On appelle pas parce que les fantômes vont se moquer. On part pas parce que les fantômes vont critiquer. On ose pas parce que les fantômes vont parler.

Mais les fantômes parlent pas. Les fantômes existent pas. C'est toi qui les as créés. C'est ta propre voix déguisée en public imaginaire.

C'est ton propre jugement sur toi-même que t'as projeté sur les autres.

Lis ça encore une fois.

Le regard des autres c'est ton propre regard déguisé.

Quand tu penses "ils vont me trouver nul", traduis par "JE me trouve nul et j'ai peur que les autres confirment".

Quand tu penses "ils vont dire que j'abuse", traduis par "JE pense que j'abuse et j'ai peur qu'on me le dise en face".

Le problème c'est jamais les autres. C'est toujours toi face à toi.

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Chapitre 09 — Le regard des fantômes

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Par exemple j'ai posté "ta grand-mère la pute" sur LinkedIn pour démontrer un exercice de copywriting.

Avant de poster, j'ai eu toutes les voix. Toutes. "C'est trop." "Les gens vont me prendre pour un fou." "Mes clients vont me lâcher." "Ma mère va m'appeler."

Et tu sais ce qui s'est passé ?

Certains ont ri. Certains ont été choqués. Certains m'ont envoyé des DMs pour me dire que c'était le meilleur post qu'ils avaient lu. Certains se sont désabonnés.

Et la terre a continué de tourner.

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Chapitre 09 — Le regard des fantômes

C'est ça le secret. La terre continue de tourner. Quoi que tu fasses. Quoi que tu dises. Quoi que tu postes. Quoi que tu décides.

Le mec qui se désabonne il t'a oublié 30 secondes après. Le mec qui commente "c'est nul" il est passé à autre chose avant la fin de sa phrase. Le mec qui te juge il se juge lui-même 10 fois plus fort.

Tout le monde est un fantôme pour tout le monde. Toi aussi t'es le fantôme de quelqu'un d'autre.

Quelqu'un quelque part se dit "qu'est-ce que Ludovic va penser de moi" et moi j'ai même pas retenu son prénom.

C'est triste ?

Non. C'est libérateur.

Parce que si personne te regarde vraiment, t'es libre de faire ce que tu veux.

Le "bat les couilles" du jour

Pense à la dernière fois que t'as jugé quelqu'un. Un post. Une tenue. Un choix. Tu t'en souviens ? Probablement pas. Maintenant retourne le miroir. Le mec que t'as jugé, il s'en souvient encore moins que toi. Tes fantômes existent pas. Arrête de vivre pour eux.

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Chapitre 10

Ferme ce livre

La dernière page, le premier pas

Chapitre 10 — Ferme ce livre

T'as lu jusqu'ici.

10 chapitres. Mon histoire. Mes galères. Mes leçons. Mes erreurs.

Et maintenant quoi ?

Si t'es comme la plupart des gens, tu vas fermer ce livre, te dire "c'était intéressant", et retourner à ta vie exactement comme elle était avant de l'ouvrir.

Tu vas te lever demain matin. Mettre le masque. Aller au taf. Dire "ça va" alors que ça va pas. Liker des posts LinkedIn en rêvant d'en poster un. Regarder ton téléphone en rêvant de passer l'appel. Rester là en rêvant de partir.

Et dans 6 mois tu vas tomber sur un autre livre. Un autre podcast. Un autre post. Un autre mec qui te dit la même chose avec des mots différents. Et tu vas encore te dire "c'est intéressant".

Et tu feras encore rien.

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Chapitre 10 — Ferme ce livre

• • •

Ou pas.

Ou alors tu fermes ce livre et tu fais le truc.

Le truc que t'as en tête depuis le début de ta lecture. Le truc qui te fait peur. Le truc que t'oses pas. Le truc dont t'as parlé à personne ou dont t'as trop parlé sans jamais passer à l'action.

Peut-être que c'est un call à passer. Peut-être que c'est une démission à poser. Peut-être que c'est un message à envoyer. Peut-être que c'est une valise à faire. Peut-être que c'est un post à écrire. Peut-être que c'est juste dire "non" pour la première fois.

Peu importe ce que c'est. Tu sais ce que c'est.

T'as pas besoin d'un autre livre. T'as pas besoin d'un autre conseil. T'as pas besoin de plus de préparation. T'as besoin de décrocher le putain de téléphone et d'appeler.

• • •

J'ai cramé tout mon argent à 20 ans. J'ai bossé à Lidl. J'ai arnaqué des vieux pour des poêles à bois. J'ai pas fini mon alternance. Je suis parti dans un autre pays avec un sac à dos.

Et je suis toujours là.

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Chapitre 10 — Ferme ce livre

Pas parce que je suis plus courageux que toi. Pas parce que je suis plus intelligent. Pas parce que j'ai un don.

Parce que à un moment donné j'ai décidé que le regard des gens valait moins que ma propre vie.

C'est tout. C'est la seule différence.

Et cette décision, tu peux la prendre maintenant. Là. En fermant ce livre.

• • •

Donc voilà. C'est la fin.

Y'a pas de résumé en 10 points. Y'a pas de checklist. Y'a pas de "les 5 clés de la réussite". C'est pas ce genre de livre.

Y'a juste toi. Et le truc que t'oses pas faire.

Ferme ce livre.

Et fais-le.

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"Le bonheur c'est pas une destination. C'est le moment où tu décides que le regard des autres vaut moins que ta propre vie."

Ludovic François

Beginnin Studio — Lisbonne

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